L’ingrédient essentiel

L’ingrédient essentiel

Depuis que je parle aux gens, une chose est évidente. Ils savent parfaitement ce qu’ils ne veulent pas. Mais, très, très peu en fait savent ce qu’ils veulent. C’est très confusionnel. Un nombre incalculable de gens sachant ce qu’ils ne veulent pas.
C’est comme de passer par un guichet auto et que l’on vous demande ce que vous voulez. Ce à quoi vous répondez : « Je ne veux pas de soda, pas de frites, je ne veux pas non plus de ceci, ni de cela. » Cela revient à parler votre langue en prononçant toutes les paroles sauf celles que vous voulez dire. Et le type doit déduire ce que vous voulez exprimer par là ; enfin, il pourrait falloir des années pour compléter une phrase. Mais fondamentalement, nous fonctionnons ainsi. « Je sais que je ne veux pas de ceci et que je ne veux pas de cela. »
Mais ce que vous voulez ; qu’est-ce que c’est ? Êtes-vous en contact avec vous-même ? Je sais que vous êtes reliés à vos besoins ; mais on vous a exercés aux besoins. Et si vous entriez en contact avec vous-même ? L’endroit qui est vide. L’attitude de nos jours se résume à : « Ce que je ne sais pas ne peut pas me faire de mal. » Mais à moins de connaître le déficit, comment le comblerez-vous ? Si vous ne savez pas qu’il existe un endroit aussi réel que n’importe quel autre – et que cet endroit en vous est vide. Et que faute de le combler, peu importe ce que vous remplissez d’autre et combien vous le remplissez, si cet endroit intérieur n’est pas comblé, cela ne marchera pas ; cela revient à prendre une voiture et la remplir d’eau.
Juste la remplir à ras bord. Le radiateur, à ras bord. En allant jusqu’à bloquer la valve de trop-plein de façon à ce que même là, ce soit rempli. Ensuite, remplir le moteur d’huile jusqu’à ce que ça risque de déborder. Puis ouvrir la batterie et la remplir jusqu’à saturation. Et puis y mettre du liquide de frein ; et du liquide lave vitres, et ainsi de suite, bref cette voiture peut contenir plus de liquide que vous ne pensiez possible, elle en est gorgée ; sauf qu’il n’y a pas d’essence.
Quelle distance va-t-elle parcourir ? Elle n’ira pas loin. Parce que tous ces éléments – oui, ils sont nécessaires. Et à mon sens, il serait totalement inepte de considérer la vie autrement. Dans un certain sens, elle est semblable à cette voiture. Oui, il lui faut de l’eau pour rafraîchir le moteur. Mais si la combustion dans le moteur ne se fait pas, il n’est pas nécessaire de le rafraîchir. Le moteur, inerte, ne chauffera pas. Et fondamentalement la batterie sert à fournir l’impulsion électrique nécessaire pour faire démarrer le moteur. Mais elle ne le fera pas démarrer s’il n’y a pas d’essence. Et l’huile est censée lubrifier les pistons et toutes les parties mobiles du moteur. Mais tout cela ne bougera pas à moins qu’il n’y ait de l’essence dans cette voiture. Et le liquide pour laver le pare-brise, c’est bien, mais votre pare-brise ne se salira pas parce que vous n’irez nulle part. La transmission ne sera pas utilisée non plus. Et d’après ce que je vois, la plupart des gens dans ce monde gorgent leurs voitures. « J’ai tout ! Bien sûr que je suis prêt. »
Et l’élément essentiel ? L’essence ! Ce qui permet la combustion, ce qui fait tourner le moteur. Et en ce qui me concerne, vous êtes en vie et vous avez des besoins fondamentaux. Vous avez besoin d’un abri, vous devez manger et vous occuper de tout cela – parce que vous avez besoin d’être heureux, vous devez vous sustenter. Parce qu’un individu sans nourriture, même heureux ne le sera pas bien longtemps. Alors vous devez vous sustenter et parce que vous avez besoin de vous sustenter, vous avez besoin d’un toit, et ainsi de suite…
Ceci dit, vous pouvez libérer le temps nécessaire, les circonstances vous le permettent, l’environnement nécessaire vous est fourni pour que vous puissiez être comblé dans la vie. Mais ; ça ne marche pas comme ça. Ce n’est pas huit heures par jour, mais douze heures par jour. N’est-ce pas ? C’est ce que fait tout le monde. C’est comme ça.
Le temps de chacun. Et peut-être y a-t-il quelques exceptions, ceux qui sont sans emploi, mais la plupart des gens dans ce monde – que ce soit en Union Soviétique, Chine, Corée du sud ou du nord, Australie, Amérique du Sud, du nord, en Angleterre, ou l’un des pays de l’Union Européenne, c’est comme ça. Je dois avoir un emploi, je dois travailler, je dois… Et puis il y a ceux qui disent : « C’est tout. » C’est tout, il n’y a rien d’autre.
Nous nous sommes tellement éloignés de la vraie réalité du cadeau le plus précieux. Imaginez seulement : Si nous n’existions pas dans notre corps et que seule une pensée nous soit donnée – comment aimeriez-vous que soit cette planète ? Où seriez-vous ? Vraiment, je crois que l’on ne pourrait rien concevoir de mieux. C’est l’équipement le plus incroyable qui soit. Il est pressurisé mais n’a ni murs ni fenêtres. Les avions ont des parois qui se détendent et se contractent. Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais le fuselage de tous les avions qui volent à haute altitude se dilate. Et toutes les parois intérieures des avions doivent être rivetées d’une façon bien particulière, parce qu’au fur et à mesure que l’avion se pressurise, il se gonfle comme un ballon. Certains se dilatent bien de 3-4 centimètres. Pourtant, c’est comme ça. Pas de murs. Aucun véhicule de pressurisation. Pourtant la pressurisation est là. Pas de pompe gigantesque pour y insuffler l’air comme dans un avion. Et il n’y a encore jamais eu de dépressurisation.
C’est ce qui est extraordinaire. De quoi parlons-nous ? De 18 ans ? 20 ans ? Non, Il est question de quelques millions d’années. Vraiment. Des millions d’années – je comprends ce qu’est un million. Mais je ne comprends pas ce qu’est un million. Je ne suis pas sur terre depuis un million d’années, alors je ne peux que deviner. Et comparé à cela, je ne suis présent que l’espace d’un éclair. Je suis reparti en un clin d’œil. Pourtant ce vaisseau spatial des plus incroyables, il avance. Il voyage. Où va-t-il ? Personne ne le sait.
D’où vient-il ? Personne ne sait où il va, personne ne le sait mais il est en transit. Et il voyage à une vitesse phénoménale, il pivote à une vitesse phénoménale. Quel rythme régulier ! Ce truc-là tourne formidablement vite, pourtant on ne s’en rend pas compte. Ses systèmes sont tellement incroyables, et si précis, d’une précision inconcevable. Et il fait ce qu’il a à faire impeccablement. Alors à mon sens, ça c’est du beau travail d’ingénieur.
Nous sommes ici sur la planète terre. En vie. Et à quoi pensons-nous ? Nous pensons à la lune, nous pensons aux extraterrestres. Que croyez-vous être ? Savez-vous d’où vous êtes venus ? Ce n’était pas ici ? Savez-vous où vous allez ensuite ? Non. Mais nous sommes ici, et ça, c’est un fait. Et c’est un fait extraordinaire. C’est un fait joyeux. Et avec tout ça – comme si cela ne suffisait pas, il existe un endroit où nous pouvons prospérer, que nous pouvons atteindre, où nous pouvons être. Un endroit incroyable. L’endroit qui est si réel, si authentique, si beau. Parce qu’il est en nous. C’est aussi un cadeau qui à été fait à chaque être humain, sans exception.
La prochaine fois que vous regarderez dans un miroir

Mon travail consiste à tenir un miroir devant vous. Et parfois, en vous regardant dans un miroir, vous dites : « Mon Dieu, je suis affreuse. » Et tout ce que j’ai à dire c’est : « Regardez mieux, c’est vous. » Et vous dites : « Mais je ne suis pas coiffée, je n’ai pas de rouge à lèvres, je ne suis pas maquillée, je suis affreuse. »
Et c’est faux. Avec vos yeux, ne regardez pas l’épiderme, mais une existence. Voyez une existence et contemplez un miracle. Pas un visage. Combien d’entre vous ont regardé dans un miroir et se sont regardés en se jugeant ? « Est-ce que je suis bien ? Suis-je bien rasé ? » Combien d’entre vous ? Et bien la prochaine fois que vous regarderez dans un miroir, ne regardez pas votre barbe, ne regardez pas votre rouge à lèvres, ne regardez pas vos cheveux et votre maquillage – regardez une existence. Parce que c’est cela qui est précieux. C’est cela qui est incroyable.
Pas de rouge à lèvres. Et pourtant les jours passent. Et chaque jour nous regardons – la première chose que nous faisons le matin en nous levant, c’est regarder dans le miroir et tout ce que nous trouvons à dire c’est : « J’ai beaucoup de travail. » Et nous commençons ; nous lavons nos dents, nous coiffons et ainsi de suite. Pour l’instant vous avez des œillères. C’est tout ce que vous voyez. Vous vous regardez pour voir ce qui ne va pas. Parce que si beaucoup de tout cela n’allait pas – alors tout irait mal. En fait vous seriez mort et ne vous regarderiez même pas dans une glace. Ne réalisez-vous donc pas qu’à lui seul le fait de vous regarder dans un miroir – le miracle le plus incroyable se produit parce que vous êtes en vie. Un souffle vient, un souffle s’en va. Qu’est-ce qui pourrait aller mieux ? Et nous nous laissons parfois piéger sur cette optique. « C’est tout ; c’est pour cela que je regarde dans le miroir. » Mais voir une existence ; et être reconnaissant de l’existence de cette existence. Enfin, quand pour la dernière fois avez-vous regardé dans un miroir et remercié le créateur ? Probablement jamais. Parce que vous avez regardé dans la glace pour vérifier votre cravate ou votre coiffure.
Mais regardez encore dans le miroir ; un être y est reflété. Un reflet. Sans parti pris. Il ne révèle rien. Il n’avantage pas. Il ne demande rien. Il ne reflète que ce qui est là. Et qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que c’est vraiment ? Un être vivant, un être qui respire. C’est ce qui se passe vraiment dans ce miroir.
Prem Rawat

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