Un miracle incroyable

Prem Rawat à Trieste, Italie

Si vous mettez une personne dans la plus belle des pièces, avec un canapé somptueux, un papier peint splendide et une vue incroyable, mais où il n’y a pas d’air. Cette personne appréciera-t-elle cette pièce ? Ou bien est-ce qu’elle tambourinera à la porte, tapera contre les murs pour qu’on la fasse sortir ?

On ne peut pas expliquer à cette personne : « Écoutez, l’air, ce n’est qu’un détail. Vous avez le papier peint dans cette pièce, le canapé, la télévision. Alors maintenant, détendez-vous. Profitez-en. Enfin, qu’est-ce que ça peut vous faire qu’il y ait ou non de l’air dans cette pièce ? On ne peut pas le voir. » Voyez-vous, quand quelque chose de fondamental est indispensable, les explications à elles seules sont insuffisantes.
Qu’est-ce que la paix ? D’où vient le désir de paix ? Est-ce que quelqu’un s’est un jour installé à sa table de salle à manger et a dit : « Ce serait une bonne idée d’avoir la paix dans le monde. » Ou bien est-ce que la paix et le désir de paix sont inhérents à chaque être humain sur terre ? A mon sens, tout repose là-dessus.
Si le désir de paix est fondamental à chaque être humain, tout comme la nourriture, le souffle, le sommeil, la soif, l’eau ; s’il est fondamental, sans lui nous ne pouvons pas exister. Sans lui, tout est en déséquilibre.

Un miracle incroyable

Quelqu’un a dit : « Nous sommes tous venus du même endroit ; et avons atterri au même endroit. Mais sitôt que les vents du monde nous ont touchés, nous nous sommes divisés : « Ceci est à moi ; ça c’est à toi ! » Divisés. Je parle Anglais, vous parlez une autre langue.
Comment regardons-nous les gens ? En fait nous ne savons pas comment regarder une personne. Nous n’en avons pas la moindre idée. Quand nous regardons quelqu’un, nous disons : « Jeune ; âgé. » « Indien ; Américain ; Italien ; Chinois. Japonais. Africain. »
Voyez-vous, c’est très étonnant. Quand ils regardent un sac Louis Vuitton, les gens ne voient pas seulement le sac. Ils disent : « Joli. » En regardant un être humain, nous ne disons pas : « Joli. » Nous demandons : « D’où êtes-vous ? » C’est ça le vent du monde. Nous avons oublié comment considérer un être humain. Sans même parler des autres ; nous avons oublié comment nous considérer nous-mêmes. Nous ne savons pas. Nous voyons un visage dans le miroir, et en voyant ce visage, ce n’est pas le visage que nous regardons. Nous voyons les imperfections. Cheveux. Pilosité.
Alors, je vous le demande : Qui êtes-vous ? Vous êtes venus, et ce fut un miracle incroyable. De nos jours, les gens pensent que si du lait s’écoule d’un mur, c’est un miracle. Ce n’est pas un miracle. Voyez-vous, tout ceci est relatif. Si du lait fuit dans la maison de votre voisin, c’est un miracle. Mais si du lait s’infiltre de votre plafond, ah, c’est très gênant.
Qu’est-ce qu’un miracle ? Je vais vous dire ce qu’est un miracle ! Vous êtes un miracle. Et il ne s’agit pas là d’un seul miracle. Le fait que vous êtes en vie est un miracle. Le savez-vous ? Le comprenez-vous seulement ? Et puis le souffle vient en vous chaque jour, ça aussi, c’est un miracle. Et le fait que vous existez est un miracle. Et vous ressentez – c’est un miracle. Et vous pouvez savoir ; c’est un miracle. Vous pouvez comprendre ; c’est un miracle.
Est-ce que j’ai dépassé les limites en redéfinissant un miracle pour vous ? Je le regrette ; je ne suis pas ici pour redéfinir les choses. Je suis ici pour susciter suffisamment de choses en vous pour que vous ayez le courage de regarder les choses comme elles sont. C’est tout.
La réalité est belle. Parce que dans cette réalité, dans le cœur de chaque être humain – et je dis bien chaque être humain – danse le désir de paix. Non pas vos définitions de la paix, mais la paix authentique. La paix qui est en vous.

Au sujet de la paix

Plus je voyage, plus je parle aux gens et plus je constate que chacun a une définition différente de la paix. Certains pensent que la paix est une absence de bruit. D’autres  pensent que la paix est un beau site. D’autres encore pensent que la paix est l’absence de guerre.
Alors permettez-moi de remettre les choses à leur place. Les beaux endroits ne manquent pas sur cette planète. Trieste est magnifique. Par avion en venant ici on voit combien c’est beau. Et certains endroits sont très calmes. Dans ce cas, comment se fait-il qu’il n’y ait pas la paix ? La paix est-elle une chose qui se manifeste à l’intérieur d’un être humain, ou la paix est-elle seulement extérieure ?
On ne peut pas dire à une personne qui a faim : « Pas de problème, garde ta faim. » On ne peut pas dire à une personne fatiguée : « Pas de problème, ne vas pas dormir, c’est acceptable. » Non ! Quand on tente de s’occuper d’une chose très fondamentale pour un être humain, on ne peut pas faire de compromis.
Qui sommes-nous ? Que sommes-nous ? Sommes-nous le résultat de la technologie qui existe dans le monde ? Des gratte-ciels, des routes, tous les avions, caméras et tous les satellites dans l’espace – est-ce ce que nous sommes ?
Est-ce ce que nous sommes ? Les bâtisseurs de navires immenses – de plus en plus grands. Le Titanic. Les bateaux maintenant deviennent de plus en plus grands. Et il y a des projets pour en construire d’autres, plus gros que vous ne pourriez l’imaginer. Avec des aéroports au sommet. Et je ne parle pas de porte-avions, mais d’aéroports classiques en haut de ces navires.
Quand on a l’ongle d’un orteil incarné et que c’est douloureux, expliquer à la personne : « Enfin, pourquoi être perturbé par un ongle insignifiant ? Nous avons crée ce navire énorme. Il est bien plus important que votre ongle insignifiant. Regardez donc cet avion – il est énorme. Deux étages. Cet ongle est si petit, comment peut-il vous déranger ? Après tout, vous êtes l’architecte de tout ceci. » Les explications ne marchent pas. Tout ce qui intéresse cette personne avec cet ongle douloureux c’est de se débarrasser de la douleur. Parce que cette personne le sent – c’est douloureux. Il n’est pas question d’explications, mais de se débarrasser de la douleur.
La raison pour laquelle j’ai donné cet exemple est que la paix est pareille. Un être humain sans paix n’est pas complet. On ne vous a jamais inculqué le désir de paix, tout comme on ne vous a jamais appris à pleurer. Est-ce que quelqu’un vous a donné des leçons sur la façon de pleurer ? L’a-t-on fait ? Vous en souvenez-vous ? Avez-vous vu une maman aller vers son bébé et dire : « Maintenant fais « ouin. » » Non ! L’enfant sait comment pleurer, le bébé sait comment être. Ce sont des éléments fondamentaux que personne n’a besoin d’enseigner.
Le désir de paix aussi est fondamental. Nous sommes ainsi. Ce sont nos fondations. Le besoin de notre cœur. Chaque jour il nous pousse à trouver. Sois satisfait, trouve la pièce manquante du puzzle.

Prem Rawat

 

L’amitié la plus intime

L’amitié la plus intime

C’est lorsqu’ils sont comblés de joie que les êtres humains sont le plus à leur avantage. Nous ne sommes pas beaux quand nous sommes pleins de haine, pleins de colère. Nous portons bien la joie. Nous portons très bien la paix. C’est alors que nous brillons.

Perpétuez cela dans votre vie. Si vous avez trouvé cette route, marchez sur cette route. La confusion n’est pas une amie. C’est la compagnie de la clarté qu’il vous faut ; la compagnie de la joie ; la compagnie de la paix. Vous aurez beaucoup d’amis. Certains sont des relations sociales ; d’autres, vous les appelez des amis histoire de les appeler des amis. Bref.
Mais l’ami sur lequel vous devez compter sera là dans les bons moments et dans les mauvais moments. Dans les bons moments, tout le monde veut être là. Dans les mauvais moments, ils ont tendance à vous laisser seul. Ils ne veulent pas de vous. L’épreuve décisive devient que, même dans les pires moments, qu’est ce qui vous soutiendra. Qui vous tiendra compagnie ?

La clarté sera là. Si vous avez entretenu cette relation, si vous êtes devenu ami avec la clarté, elle sera là. Ce sont eux les amis, la paix, la joie, qui ne vous abandonneront pas, même dans vos heures les plus sombres.
Ce sont les manifestations du tout-puissant. Dans la vie, ce sont les relations que vous devez entretenir.

Prem Rawat

Merci Corinne pour la traduction

Le processus de la vie

 

Quel est l’âge d’une graine ? Ça a de l’importance pour vous ? Quel est l’age d’une mangue ? Ça compte pour vous. Une graine est une graine. Vous avez reçu la graine, l’avez-vous plantée ? Vous ne l’avez pas plantée ? Vous pouvez avoir une pièce remplie de graines, mais votre jardin est peut-être complètement vide. Plantez ces graines. Ne les stockez pas, plantez-les. Plantez-les et vous aurez un jardin superbe rempli de fruits. Et la possibilité pour chacun de ces fruits d’avoir d’autres graines que vous pourrez planter et vous en aurez de plus en plus. C’est ça le processus de la vie.

Il n’y a pas pénurie. Je connais des gens qui sont de vrais fous de math. Alors faites le calcul. Non seulement une mangue va satisfaire votre faim, mais connaissez-vous la possibilité du nombre de mangues cachée dans cette graine ? Parce que cette graine produira un manguier qui produira peut-être des centaines d’autres mangues et chacune de ces centaines de mangues sera capable de produire des centaines d’autres mangues. Disons généralement, une centaine de mangues par mangue. Alors cet arbre, et puis cet arbre, ensuite cet arbre – sont le potentiel. Voila le potentiel.

Beaucoup de gens disent : « Oh ! Vous avez tellement de chance d’avoir la mangue. » Moi je dis : « Non, mangez la mangue, plantez la graine. » Ensuite les gens disent : « Non, non, non, elle est si précieuse, gardez-la. Préservez-la. Mettez-la sous clé. Mettez-la sur un autel. Priez la mangue. Montrez à tout le monde ce que vous avez. Parlez-en. Pouvez-vous s’il vous plait nous faire une conférence sur l’incroyable sensation que l’on a quand on tient une mangue dans sa main ? Et je dis toujours : « Mangez la mangue, plantez la graine ; mangez la mangue, plantez la graine ; mangez la mangue, plantez la graine. » Et les gens disent : « C’est insensé, vous allez détruire la mangue. » Non, la mangue n’est pas détruite.

Ce que vous appelez le fruit est là pour vous attirer afin que la graine puisse se perpétuer. En faisant cela vous rendez service à la mangue. Vous ne lui faites pas de tort. C’est sa vie. Vous la menez à bien. Mais il y a des gens qui veulent seulement faire admirer leur mangue : « Voyez ma mangue. ». Continuez à regarder cette satanée mangue, et bientôt elle deviendra inutile, parce qu’elle commencera à pourrir. Alors les gens disent : « Regardez, voyez ma mangue pourrie – elle était si belle. » Ensuite ils veulent écrire un livre sur la beauté passée de la mangue. Les gens lisent ça et disent : « Oh, quelle belle description. »

Kabir dit que vous devez faire vous-même l’expérience. Les gens ne lisent pas cette partie là. Non. Lisez ce que dit Kabir : « Pourquoi perdez-vous votre temps à faire ça ? Ne le faites pas – ressentez-le ! C’est ce que j’ai ressenti, vous devez ressentir. »
Une porte s’est ouverte à moi. Une possibilité s’est réalisée, et je veux en profiter pleinement dans ma vie. Voila comment ce doit être. Chaque jour, faites cet effort.

C’est de mieux en mieux.

Dans le jardin de la Connaissance, vous pouvez cueillir toutes les fleurs que vous voulez, manger tous les fruits dont vous avez envie, vous asseoir et vous reposer à l’ombre l’arbre qu’il vous plaira de choisir. Tout va de mieux en mieux.
Il n’y a pas de limites à la qualité que cela peut atteindre. Pas de limites. Prenez, prenez. Il n’y a pas de restrictions, il n’y a qu’à profiter, laisser votre cœur se remplir de gratitude. C’est sans limites.

A chaque pas il s’agit de savourer.
Alors, savourez.

Prem Rawat

La vérité et Un peu de clarté

 

La vérité

Les gens voient l’attrait du paradis. Ici vous êtes au paradis. Parce que le paradis le plus authentique est en vous. En vous réside votre Dieu. Et en vertu, ou du fait même qu’en vous réside votre Dieu, votre paradis est en vous.
Vous cherchez la vérité. Et comment chercher la vérité ? En rationalisant la vérité ? Non ! La vérité est que vous êtes en vie. La vérité est que vous existez. La vérité est que vous pouvez ressentir la paix. La vérité est que vous pouvez ressentir la clarté dans votre vie. C’est ça la vérité. Et le jour où vous le saurez, vous serez sauvé. Le jour où vous le comprendrez-vous serez sauvé.

De quoi devez-vous être sauvé ? Vous devez être sauvé de l’inconscience. Vous devez être sauvé de la confusion. Vous devez être sauvé du doute. Ce sont vos ennemis. Ce sont les éléments qui vous minent parce qu’ils vous dérobent la réalité que représente le fait de savoir ce que signifie votre existence. Ce sont les choses qui vous font oublier que vous êtes en vie. C’est ce que fait la confusion.
Douleur, souffrance. Retirez la confusion, l’inconscience, alors douleur et souffrance disparaissent. Elles s’évaporent. Parce que le jour où vous commencez à reconnaître votre vie, le jour où vous commencez à comprendre que c’est le souffle, le bienfait, « je viens juste d’être béni, je suis béni encore une fois et encore une fois… »

Cela n’a rien d’insignifiant, cela n’a rien d’ordinaire. C’est remarquable ; cette vie est remarquable.
Comprendre l’importance d’être en vie. Comprendre l’importance de la soif de plénitude en vous ; et la beauté. Reconnaître cette beauté encore, encore et encore.

Un petit peu de clarté

Une seconde de clarté, c’est tout ce dont vous avez besoin pour sauvegarder la journée ; ce n’est pas comme si vous deviez en avoir des tonnes. Ce n’est pas comme si vous deviez être imbibé de clarté. Ce n’est pas ce qu’il vous faut. Vous n’avez besoin que d’un petit peu de clarté. C’est une substance intense, concentrée. Une substance vraiment très forte, la clarté. Puissante.
Quelle est la réalité ? Vous êtes en vie. Voilà la réalité. Qu’arrivera-t-il demain ? Ne vous inquiétez pas ; quelque chose arrivera, ça arrivera. Et puis il y a deux possibilités : Premièrement, vous pouvez mourir. Si vous mourez, vous n’avez plus à vous en soucier, vous serez parti. Alors si vous ne venez pas travailler parce que vous êtes mort, et que votre patron dit : « Pourquoi ce type a-t-il fait telle ou telle chose ? » Vous n’avez plus besoin de répondre.
L’autre possibilité est que vous êtes vivant. A présent, du fait que vous êtes en vie, il y une possibilité, vous pouvez avoir une influence. Vous pouvez vous préparer à vraiment accueillir demain. En toute conscience, en toute clarté, en comprenant, avec un cœur comblé de joie. Si vous êtes sur le point de mourir, inutile de vous en soucier. Vous n’êtes même pas obligé de payer vos contraventions. Si vous avez accumulé beaucoup de contraventions, pas de problèmes. Ce n’est pas comme si on allait vous poursuivre. C’est fini, terminé ; il n’y a rien à prévoir.
Mais vivant, vous pouvez faire quelque chose. Chaque jour. Voyez-vous, la beauté de tout ceci est que la question de la quantité ne se pose pas. Personne ne prétend que vous devez avoir 4 litres de clarté. Ceci, au cas où la clarté serait liquide. La clarté est-elle liquide ou solide ? Bon, disons 25 kilos de clarté. Non ! C’est sans importance. La quantité n’est pas un facteur déterminant.

C’est fascinant en fait, parce que ces choses là – paix, amour, compréhension – sont complètes en elles-mêmes. Et la plus infime quantité est identique à ce que peut en être la totalité. Elles n’exigent pas de graduations.
Si vous comprenez, peu importe combien vous en avez. Quel que soit le peu de compréhension que vous avez, c’est comme d’avoir toute la compréhension qu’un être humain peut avoir. Et l’amour est comme ça aussi. Il ne peut pas être quantifié.
Combien d’efforts faut-il faire pour se débarrasser du fardeau de la confusion ? Combien ? On peut passer des années à se désoler, à se sentir coupable, à se sentir ceci, à se sentir cela. Et un peu de clarté, un petit peu de clarté peut mettre fin à tout cela.

Prem Rawat