Peut-être y a t-il davantage

Peut-être y a t-il davantage

La paix m’intéresse.

Moi, en tant qu’individu. Une personne sur terre, pas une entité ni un label. Pas une boite. Pas une mappemonde. Pas un ballon, mais une personne. Un être humain en vie, qui respire, dont l’existence sur cette terre est inestimable. Il ne peut pas être reproduit, ne peut pas être remplacé.
Je respire, mais est-ce que je réalise la valeur de ce souffle ?
J’existe, mais est-ce que je réalise la valeur de cette existence ? Avant qu’il ne soit trop tard. Le jour où il sera trop tard, je la connaîtrai, je la comprendrai.
Nous disons : « Encore une seconde, encore un souffle, encore une minute. » La sagesse est de connaître la valeur de l’existence maintenant, pendant que je l’aie. Pendant que je peux la comprendre. Pendant que je peux en profiter.
La paix est une sensation. Une sensation de non dualité. Une sensation d’où le doute est absent, la sensation de moi-même. Moi connaissant ma propre existence. Me sentir en paix – non pas dans la tourmente, pas en guerre, pas dans la controverse, mais dans la sérénité de l’existence.
Quel cadeau ! Commencer ma vie avec la mesure de ce que j’ai, pas la mesure de ce que je n’ai pas.
Aucune règle graduée n’a encore été inventée qui soit l’échelle de mesure de ce que nous avons. Nous avons été trop pressés d’avoir la mesure de ce que nous n’avons pas. L’échelle de mesure de chacun est différente. Qu’est-ce que vous avez ?
Je voyage partout. C’est une expérience extraordinaire. Parce que lorsque j’arrive dans un pays, il y a une pancarte : Bienvenue… suivi du nom du pays. Et je pense : « Tiens, c’est différent. » Je commence à communiquer avec les gens et je remarque les accents différents, la tenue vestimentaire différente, peut-être. Beaucoup de ces choses-là ont disparu. Tout le monde s’habille à peu près de la même façon de nos jours, mais il y a encore des pays dont la fierté est de s’accrocher à leur culture. Et puis la cuisine est différente, peut-être l’architecture est-elle différente, et dans certains pays on conduit du côté gauche de la route, dans d’autres du côté droit, et Dieu merci, ils ne se croisent pas.
Comment sont les gens ? Que veulent-ils ? Certes ils parlent des langues différentes – mais que veulent-ils ?
L’extraordinaire c’est qu’au delà de toutes ces différences, le désir de chaque personne sur terre est le même. Nous regardons les différences. C’est ce que nous nous sommes entrainés à voir – les différences. « Vous êtes différent parce que vous êtes ceci. » Et certains disent même, « les différences c’est bien ! » Et je suis d’accord. Seulement ne serait-ce que pour être différent parmi les différences, voir les similitudes. Voir que le vœu de chaque être humain, la requête, le désir de paix est présent.
Socrate disait : « Connais-toi, toi-même ». « Connais-toi-toi-même. » On en débat, on en discute, on en parle – qu’est-ce que ça signifie ? « Connais-toi, toi-même. » Et bien voyez-vous, dans un sens c’est extrêmement simple, « connais-toi, toi-même. »
j’étais à Taïwan récemment et j’ai acquis des livres chinois – je les adore. Différentes fables et une façon différente de voir les choses. Et dans l’un d’entre eux, j’ai trouvé une citation géniale. « Connaître ses amis est d’une intelligence remarquable, se connaître soi-même est d’une sagesse remarquable. » C’est la même chose. Je me demande si cet individu avait rencontré Socrate ! J’en doute.
Mais la même chose est répétée. Connais-toi, toi-même – connais-toi, toi-même. Faisant peut-être allusion au fait que vous êtes davantage que vous ne le réalisez. Qu’il y a un autre chapitre qui n’a pas été ouvert. Que peut-être qu’il y a un trésor encore inexploré. Qu’il y a peut-être un pièce de plus dans cette villa, dans cette demeure, dans cette maison, qui n’a pas encore été visitée.

Prem Rawat

A la recherche d’un souffle  Vidéo traduite en français