Grâce au souffle

 

Quelle est l’importance du souffle ? C’est grâce au souffle  que la couleur rouge existe.

Grâce au souffle, il y a New York. Grâce au souffle le ciel est bleu. Grâce au souffle, vous pouvez savourer la nourriture. Vous pouvez sentir le parfum d’une fleur, apprécier un coucher de soleil. En l’absence de ce souffle, rien de tout cela n’est possible.

Et assez extraordinairement, en chaque souffle se présente la possibilité de satisfaction.

La satisfaction. Pensez-y. La satisfaction ! La satisfaction n’est pas chose insignifiante. Pourquoi n’est-elle pas insignifiante ? Parce que c’est ce que vous avez toujours désiré dans la vie. Quand vous aviez quatre ans vous désiriez un jouet, – pourquoi ? Pourquoi vouliez-vous ce jouet ? Pour une seule et unique raison.

Vous pensiez vraiment que ça allait le faire. Et lorsque maman disait non, vous saviez que c’était définitif. Même en promettant : « Je ne réclamerai pas d’autre jouet après celui-là. » C’était comme ça pour moi. Je ne veux que ça. C’est tout. Si j’obtiens ce jouet, je serai comblé. Le jouet arrivait, et en recevant ce jouet, je me disais « Ouiii ! » Le lendemain, le surlendemain, « bof ». Jusqu’à ce que je voie ce jouet finir à la poubelle et que cela ne me dérange pas. J’avais déjà les yeux sur un autre jouet.

En grandissant, le désir n’a pas changé. Seuls les jouets ont changé. Parce que le désir est resté, il attend d’être réalisé. Il reste là, il attend d’être réalisé. Il reste là à attendre, attendre, attendre. Et croyez-moi sur parole, les jouets continueront à changer et la soif restera constante. Elle ne change pas.

Les objectifs changent, les buts changent : « Si j’obtiens ceci, si j’accomplis cela, si je vais là, si je fais telle chose… » Mais la soif continue a tambouriner à la porte, vous l’entendez frapper, vous l’entendez marteler cette porte et vous pensez : « Ah, encore, encore. »  Et savez-vous ce qui est incroyable ? C’est lorsque vous commencez à répondre à cette soif. Vous souvenez-vous ? Vous deveniez si chevillé à ce jouet que vous y pensiez, vous en rêviez, vous le vouliez. Tous les problèmes – vous souvenez-vous des problèmes à résoudre pour les devoirs d’école ? Le problème de ceci, et le problème de cela, – ils avaient tendance à devenir accessoires et avoir ce jouet devenait tout. Ceci, à propos, fait partie intégrale de tomber amoureux.

Tomber amoureux est comme ça. Quand vous tombez amoureux, vous ne voyez pas les défauts des autres, particulièrement les défauts de celui ou de celle dont vous tombez amoureux. C’est décisif, parce que cette personne à mille défauts, croyez-moi. Mais l’amour, le fait d’être amoureux les occulte. Puis, le jour où, bien sûr, vous n’êtes plus amoureux, vous les voyez. Et vous vous dites : « Oh, mon Dieu ! »

Donc vous êtes souvent tombé amoureux. Et je suis ici pour vous dire, « tombez amoureux de cette vie. » Je suis ici pour vous dire, « tombez amoureux de ce souffle. Je suis ici pour vous dire, « tombez amoureux encore et encore et autant de fois qu’il le faudra, de cette paix, de cette joie, de cette satisfaction dans votre vie. » Parce qu’à moins de le faire, les jouets continueront à changer et la soif gardera son intensité. La soif. La soif de quoi ? C’est une noble soif. c’est une noble soif, la soif de joie, la soif d’être. La soif d’être en vie et de ressentir – et d’avoir la sensation d’être en vie.

Votre ressource la plus inestimable, une chose que vous pouvez vraiment appeler vôtre. Qui vous appartient en propre. C’est le cadeau du souffle que vous recevez. Les gens viendront et sortiront de votre vie. Mais lorsque ce souffle s’en va, tout va. Ensuite, il n’y aura plus rien. Et ceci sera présent jusqu’au tout dernier instant.

Prem Rawat